Lancée le 10 décembre dernier par la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, la mission d’information sur l’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle (IA), dont je suis co-rapporteur, vise à comprendre les défis environnementaux de cette technologie en plein essor. Plus précisément, l’objectif de cette mission est d’évaluer les impacts environnementaux liés à la consommation énergétique et à l’utilisation de matériaux rares essentiels à l’IA, afin d’encourager le développement de modèles d’IA plus durables et éco-responsables.
Depuis plusieurs semaines, la commission auditionne des experts, des entreprises de l’IA, des associations environnementales, des think tanks, des représentants du secteur de l’énergie, des télécommunications, des technologies… Une pluralité d’acteurs permettant d’avoir une vision globale des enjeux croisés entre souveraineté numérique et urgence climatique.
La table ronde du 4 février 2026, inaugurant la mission d’information, a permis de croiser les regards avec des profils variés :
- Audrey Herblin-Stoop, directrice des affaires publiques de l’entreprise Mistral,
- Anne Bouverot, co-présidente du Conseil de l’intelligence artificielle et du numérique,
- Baptiste Perrissin Fabert, directeur général délégué de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe),
- Guillaume Pitron, chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).
Cet échange fut l’occasion de rappeler le manque de visibilité concernant le coût écologique de l’IA. J’ai insisté sur la nécessaire pédagogie qui doit être mise en œuvre auprès du grand public : « il s’agit de mesurer que l’usage de l’IA n’est pas anodin et que, contrairement à ce que l’on croit, les outils numériques ne sont pas des biens communs d’intérêt général sans aucun impact, mais que tous ces usages cumulés ont des incidences sur notre environnement ».
J’ai aussi interrogé les intervenants sur les leviers qui pouvaient être mis en œuvre par les pouvoirs publics pour encadrer l’utilisation de l’IA.
Nous poursuivons les auditions afin de continuer à éclairer le débat public sur cet enjeu. Plus récemment, nous avons entendu les représentants de l’association Green IT, de Veolia et de France Data Center.
L’aboutissement de ces travaux nous permettra de formuler des recommandations concrètes afin de bâtir un modèle numérique français à la fois innovant, souverain et respectueux de nos engagements climatiques.

