Lancée par la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, la mission d’information sur l’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle (IA), dont je suis co-rapporteur aux côtés de mes collègues Damien Michallet et Guillaume Chevrollier, vise à objectiver les impacts écologiques de cette technologie (énergie, eau, terres rares, émission de gaz à effet de serre) et à formuler des recommandations en vue de concilier innovation, compétitivité et préservation de nos ressources à l’échelle nationale, européenne et internationale.
Depuis février dernier, notre mission d’information a organisé plusieurs dizaines d’auditions d’experts, des entreprises de l’IA, des associations environnementales, des think tanks, des représentants du secteur de l’énergie, des télécoms… Une pluralité d’acteurs permettant d’avoir une vision transversale des défis devant nous, entre souveraineté numérique et urgence climatique. Retour en vidéos sur deux temps forts organisés dans le cadre de la réunion plénière de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable.
La table ronde d’ouverture du 4 février 2026 a notamment permis de croiser les regards avec des profils variés :
➡️ Audrey Herblin-Stoop, directrice des affaires publiques de l’entreprise Mistral
➡️ Anne Bouverot, co-présidente du Conseil de l’intelligence artificielle et du numérique
➡️ Baptiste Perrissin Fabert, directeur général délégué de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe)
➡️ Guillaume Pitron, chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris)
Cet échange fut notamment l’occasion de rappeler le besoin de disposer de données fiables et contrôlables sur l’empreinte environnementale de l’IA, un impératif que nous avons également pu partager le 20 mai 2026, dans le cadre de l’audition de Philippe Aghion, prix Nobel d’économie 2025 et professeur au Collège de France et à l’Institut européen d’administration des affaires.
À ce jour, les analyses de cycle de vie de ces outils restent exploratoires et non standardisées, comme il l’a écrit dans le rapport de mars 2024 de la commission nationale sur l’IA qu’il présidait. Face à la multiplication des usages et l’augmentation énergétique qui en découle, j’ai plaidé pour le développement d’IA spécialistes et frugales et j’ai interrogé le professeur sur les leviers à mettre en place, notamment via la commande publique et des outils de régulation (a minima à l’échelle européenne et idéalement internationale) pour concilier compétitivité économique et sobriété énergétique.
En réponse, Philippe Aghion a défendu une posture « d’optimisme de combat ». Pour l’avenir de cette technologie, il préconise l’implantation de centres de calcul décentralisés pour des IA spécialisées et une véritable politique industrielle européenne plutôt que des réglementations nationales qui pourraient pénaliser les nouveaux entrants.
