Mardi 19 mai 2026, lors de la séance de questions orales au Sénat, j’ai interpellé la Ministre de la Culture concernant le retard préoccupant de l’Éducation nationale en matière d’accessibilité numérique. Ma question a été préparée avec Clément, lycéen morbihannais non-voyant, directement confronté à ces difficultés dans son quotidien.
Alors que le site de l’Éducation nationale met en avant une politique volontariste en faveur des élèves en situation de handicap, le taux d’accessibilité de cette propre page ne s’élève qu’à 58 %, ce qui apparaît particulièrement faible pour un site institutionnel se revendiquant inclusif.
Le constat est d’autant plus alarmant : sur 24 procédures majeures (inscription, bourses, Parcoursup…), aucune n’est pleinement accessible et 17 sont non conformes au référentiel général d’amélioration de l’accessibilité. Cette situation prive de nombreuses familles de leur autonomie et constitue une rupture d’égalité manifeste devant le service public.
En réponse, la Ministre a mis en avant une progression du taux de conformité à 83% (audit du 7 mai 2026) et la publication, le 30 avril 2026, du schéma pluriannuel 2026-2028. Ces démarches constituent un premier pas, mais elles ne peuvent suffire, l’échéance légale ayant été fixée à 2025.
Les personnes en situation de handicap ne peuvent plus constituer une variable d’ajustement. « l’État se doit d’être absolument exemplaire » et garantir un accès réellement universel aux services publics numériques.
